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Vendredi 13 novembre 2009

 

Réforme de la formation des enseignants

 


Contribution de l’Ecole Emancipée à la CA Académique du mardi 10 novembre 2009

 


La réforme de la formation des enseignants initiée par Xavier Darcos et poursuivie par Luc Chatel poursuit un triple but :

  • * Suppression de l’année de formation afin d’économiser des postes ;

  • * Utilisation des étudiants en masters comme moyens de remplacement ;

  •  * Création d’un vivier de mastérisés non titulaires qui, ayant suivi un master d’enseignement, pourront être employés comme précaires dans l’Education Nationale.

 

Cette réforme, qui est donc bien plus qu’une réorganisation de la formation, va contribuer largement à la casse des statuts. En multipliant le nombre de précaires et en en faisant, de fait, un corps à part entière, elle réduit toute perspective d’action collective et donc de luttes. C’est une attaque contre le syndicalisme.

 

La précédente CA Académique a décidé d’appeler les collègues à ne pas accepter la fonction de tuteur et les CA à refuser les conventions avec l’Université. Cette position a été largement diffusée auprès des secrétaires de S1. Au niveau national, le texte adopté à la CN des 15 et 16 septembre appelle les tuteurs à s’opposer collectivement à l’organisation de ces stages. Mais, cet appel n’a été suivi d’aucune diffusion. Depuis la rentrée scolaire, aucun article dans l’US n’a été consacré à la réforme de la formation.

 

Ce silence traduit l’ambiguïté de la position du SNES sur cette réforme. L’élévation du niveau de recrutement au master serait la condition préalable à la revalorisation. On peut même lire, dans l’US n° 685 que les annonces du Ministre au CTPM du 1er octobre sont « en complet décalage avec les espoirs que N Sarkozy a suscité avant et après son élection »…

 

Le mandat adopté par le Congrès de Perpignan prévoit le recrutement après le master, le concours devant être passé l’année suivante. Cette réforme doit être accompagnée de pré-recrutements, l’année de stage doit être maintenue dans sa forme actuelle. Aucune de ces trois conditions n’étant réalisée, c’est un autre des mandats de Congrès qui doit être appliqué : retrait de la réforme actuelle.

 

Actuellement, le concours est prévu pendant l’année de M2. Six syndicats, parmi lesquels le SNESup et le SNUIpp ont écrit au Ministre pour que le concours ait lieu en M1. Cette démarche est inacceptable :

  • * sur la forme : Cette lettre a été transmise sans que le SNES ait été consulté, ni même informé ;
  • * sur le fond : Cette démarche laisse entendre que si le concours avait lieu en M1, la réforme serait acceptable.

 

Les différents syndicats de la FSU doivent retrouver le terrain fédéral et se mettre d’accord pour exiger le retrait de cette réforme. Les Assises de la formation, organisées le 7 novembre par la FSU sont une première étape qui semblent aller dans ce sens. Par ailleurs, le prochain Congrès de la FSU doit être l’occasion de définir une position fédérale cohérente sur la réforme de la formation des enseignants.

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Vendredi 13 novembre 2009

Contribution au débat

de l’Ecole Emancipée

à la CA académique du Snes – Poitiers

Le 10 novembre 2009


Les attaques continuent contre les salariés, les jeunes, les chômeurs


Le budget 2010 est catastrophique et révèle une fois de plus la volonté de l’Etat de faire des « économies » : la suppression des 37000 fonctionnaires en 2010 représente pourtant à peine l’équivalent du quart de l’exonération de TVA des restaurateurs et n’est rien comparé aux allègements fiscaux sur les plus-values des 6200 entreprises qui ne verseront pas 20,5 milliards d’euros à l’Etat sur deux ans !


La loi de financement de la sécu annonce également la volonté de faire payer toujours plus les salariés (augmentation du forfait hospitalier, imposition des indemnités d’accidents du travail…) tout en augmentant le flicage des assurés et en laissant le déficit augmenter.


En ce qui concerne la jeunesse, le plan d’aide sorti à grand renfort médiatique ne concerne en tout et pour tout que 22000 jeunes (et pour des montants dérisoires) alors que plus de 100 000 vivent en dessous du seuil de pauvreté et que 420 000 jeunes chômeurs de moins de 25 ans se retrouvent sans aucun minima sociaux.


Comme ils poursuivent une politique anti-immigrés surfant sur des idées d’extrême-droite et raciste (nettoyage de la jungle à Calais en septembre, charters en octobre), Sarkozy et son gouvernement poursuit une politique anti-jeunes, d’isolement de la jeunesse et répressives (couvre feu des moins de 13 ans la nuit).


Face à cela, quelles réponses des organisations syndicales ?


Finalement, à cette rentrée, rien. Pourtant les mobilisations de janvier et mars avaient montré la force des résistances… Dans l’été, des salariés (ceux de Continental, de Fabris…) ont bien essayé de faire converger leurs luttes mais ils ont dû se passer du soutien des confédérations. D’autres secteurs ont tenté à cette rentrée de mobiliser pour contourner la paralysie syndicale et interprofessionnelle : Pôle emploi, Sncf…


Des tensions entre salariés en lutte et confédérations se sont exprimées contre l’indétermination de celles-ci à amplifier les mouvements contre le gouvernement Sarkozy. Pour la première fois, un opposant postule à la direction de la CGT face à Thibaut reprochant à la direction actuelle de « s’adapter au système capitaliste par l’accompagnement des contre-réformes des Etats bourgeois au lieu de le combattre. »


Dans le champ éducatif


L’an passé, ces derniers mois ou ces dernières années, les syndicats enseignants de la FSU ont refusé de pousser les feux contre les suppressions de postes et les « réformes » : celles de l’école primaire (service minimum, aide personnalisée...), celle du lycée laissant seuls les lycéens dans la rue, celle de la formation des enseignants laissant seuls les étudiants et les enseignants du supérieur. Tous ces personnels se sont retrouvés sans véritables perspectives. Encore dernièrement, de forts désaccords sur la formation des enseignants font scandale dans la FSU et le gouvernement a beau jeu de faire passer ses décrets d’application. Il y a quelques jours Chatel ressortait la réforme du lycée confirmant des baisses horaires et l’autonomie des établissements notamment sur l’organisation du soutien.

Mais le vrai scandale de cette rentrée, c’est l’explosion de l’emploi précaire dans l’éducation qui met non seulement en danger ces nouveaux salariés précaires, mais aussi nos statuts et la qualité de l’enseignement pour les élèves.


S’affronter à ce gouvernement pour gagner


Nous rentrons dans une nouvelle période électorale. La grève du 24 assumée par la FSU seule doit évidemment montrer notre détermination dans le champ de l’Education. Mais il ne faut pas, comme à l’accoutumée, en rabattre sur les mobilisations en période électorale, laissant le champ libre aux organisations politiques. La grève générale interprofessionnelle doit rester notre objectif pour affronter et faire plier ce gouvernement. Pour y parvenir, nous devons rechercher les moyens revendicatifs pour rassembler une majorité de population, salarié-es, jeunes, chômeurs ou chômeuses. Il faut chercher à construire une mobilisation populaire autour de revendications qui concernent tout le monde : augmentation de salaires et minimas sociaux, l’embauche des précaires sur des contrats de travail à durée indéterminée, suppression de la TVA sur les produits de première nécessité… Comme lors des grandes mobilisations du début d’année, la votation sur la poste le 5 octobre a montré qu’une part de la population est toujours prête à s’engager contre ce gouvernement et ses réformes.


La grève du 24 novembre


Le 24 doit être le début d’une stratégie syndicale plus large et responsable du plus long terme.


Or, les salariés de La Poste seront également en grève ce jour-là. Le Snes doit œuvrer pour que les SD-FSU organisent des rendez-vous avec ces salariés, que ce soit dans la rue ou en assemblée générale pour démontrer que tous les services publics sont en voie de privatisation et d'extinction au détriment des usagers et des salariés, pour les bénéfices de grands groupes privés. Ces assemblées doivent réunir l’ensemble du secteur éducatif, primaire, secondaire, supérieur, enseignants et non-enseignants.

Le Snes doit également inviter les S1 à organiser des AG et des rencontres avec les usagers (parents et élèves) pour élaborer des cahiers de doléances, dans la lignée de l'enquête lancée par le net depuis le S4. Les S1 pourraient en faire des motions à envoyer à la presse, aux syndicats, aux usagers...

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Jeudi 17 septembre 2009

Rassembler le syndicalisme de transformation sociale


"La FSU doit s’adresser à la CGT et Solidaires pour construire avec les deux, en France, ce pôle syndical de transformation social, capable d’allier contestation et proposition, rapports de forces et négociations, dont les salariés, du privé comme du public, ont besoin.
Pôle qui pourrait aussi peser sur les choix du syndicalisme européen."


DE QUOI SOUFFRE LE SYNDICALISME ?

 

 

De sa faiblesse ?


 

Encore faut-il s’entendre. Si, en effet, les taux de syndicalisation sont dramatiquement faibles dans notre pays, notamment dans le privé et spécialement dans les PME, sa capacité d’entrainement et de mobilisation, même dans ces secteurs, n’est pas du tout négligeable. Combien de cartes syndicales chez les « Conti », les « New Fabris », ou chez Molex ? Combien de cartes en Guadeloupe ? Et pourtant qui mettrait en doute le rôle des sections syndicales, de leurs militant-e-s, dans tous ces conflits ? Plus globalement, dans quel pays européen, les organisations syndicales ont-elles été capable de mettre dans la rue des millions de personne contre la crise et ses effets ? Pour la défense de la Santé ou de l’Éducation ?


 

De sa division ?


 

C’est pourtant l’unité, comme lors de la victoire contre le CPE, unité non seulement sur des journées de mobilisation mais aussi sur une « déclaration commune », qui a permis la mise en mouvement lors des journées du 29 janvier et du 19 mars 2009 contre la crise. Mais c’est aussi cette unité là qui a conduit au fiasco du 13 juin, dès lors que l’on s’est aligné sur le moins disant ! Et à quoi sert une plateforme commune si elle ne permet pas de poursuivre l’action quand les revendications qu’elle porte sont ignorées. Si huit organisations cela fait, en effet, beaucoup, si les périodes de tensions inter-syndicales alimentées par les questions décisives de représentativité sont réelles et parfois destructrices sur le terrain, si la rupture de la CFDT lors de la bataille des retraites reste dans tous les esprits, on constate alors que l’unité, toujours importante pour gagner, ne suffit pas ! Le drame n’est donc pas la contradiction entre l’unité, plébiscitée par les salariés, précaires, chômeurs ou retraités et la radicalité, la détermination de telle ou telle organisation, mais bien l’incapacité de celles-ci à peser sur les débats et les formes de l’unité. Bref de féconder cette unité d’un contenu de transformation sociale, comme l’a illustré le syndicalisme guadeloupéen.


 

De son orientation ?


 

On voit clairement, depuis des années, se construire en France un pôle d’accompagnement dont la CFDT revendique à juste titre la tête. Pôle qui correspond au syndicalisme européen majoritaire dans la CES et dont l’implantation est réelle. On voit, notamment depuis le vote de la loi sur la représentativité, voulue par Sarkozy et validée par la CFDT et la CGT, des tentatives (pour l’instant sans succès) du côté de l’UNSA, de la CFTC, voire de la CGC pour sortir de la marginalisation. FO continue à cultiver son particularisme, son isolement et, de fait, une forme d’impuissance. La CGT occupe une place spécifique : elle est constamment tiraillée entre son choix européen, qui la pousse dans la CES à s’aligner sur une orientation d’accompagnement et sa tradition contestataire, son image, dans l’histoire du syndicalisme français. On constate ainsi régulièrement des tensions entre l’orientation stratégique d’unité avec la CFDT au sommet et, sur le terrain, des syndicats porteurs d’une radicalité qui se retrouvent parfois plus à l’aise avec la FSU ou Solidaire, voire qui déplorent la ligne confédérale. De leur côté ni l’une (la FSU), ni l’autre (Solidaires) ne se donnent suffisamment les moyens, ou n’ont pas les moyens, de faire peser leur propre capacité de mobilisations, de contestations, de propositions. Ce qui manque, et nous concerne au premier chef, c’est un véritable pôle syndical pour la transformation sociale capable de bousculer les pesanteurs et les appareils (ce que les étudiants ont su faire lors du CPE).

 

La FSU doit s’adresser à la CGT et Solidaires pour construire avec les deux, en France, ce pôle syndical de transformation social, capable d’allier contestation et proposition, rapports de forces et négociations, dont les salariés, du privé comme du public, ont besoin. Pôle qui pourrait aussi peser sur les choix du syndicalisme européen.

 

 

L’EE a été de ceux qui se sont engagés, fermement et publiquement, pour refuser la scission CGT-FO et donc donner naissance à la FEN en 1947 afin de maintenir l’unité du syndicalisme enseignant de l’époque (motion Bonnissel-Vallière). Puis, dans le même esprit lors de son exclusion de la FEN, l’EE a fait le choix de construire le cadre unitaire de la FSU avec UA et d’autres, plutôt que de rejoindre, dans la dispersion, une autre confédération. Ces choix, cette autonomie, ont permis de construire puis de sauvegarder un syndicalisme majoritaire dans l’Éducation Nationale d’abord, la Fonction publique d’État ensuite. Mais dès le début, cette situation était conçue comme « transitoire ».

 

Toutes les tentatives de la FSU pour faire avancer l’unité du syndicalisme français et sortir de cette forme d’isolement (CLUI, espace permanent de débat, etc.) ont de fait échouées, pour des raisons qui ne lui sont pas complètement imputables, dont celle due aux réponses éclatées qu’apporta entre 1995 et 2003 l’opposition dans la CFDT à la question de sa sortie de la confédération.


La décision du congrès FSU de Perpignan, d’ouvrir ses champs de syndicalisation à la territoriale et l’hospitalière, si elle a permis un saut qualitatif interne essentiel, a aussi montré toutes ses limites.

 

Aujourd’hui, non seulement il est temps d’en sortir, mais il faut en sortir. On le voit chaque jour, la FSU, dans sa spécificité, n’est pas reconnue sur le champ confédéral qui est celui des grands combats d’aujourd’hui et de demain.

 

Confronté aux crises économiques, sociales et environnementales, à des transformations profondes du monde du travail et des services publics, à une Union Européenne qui détruit plus qu’elle ne construit, aux nouvelles lois sur la représentativité, dans le privé comme dans le public, le syndicalisme doit trouver de nouvelles réponses et sans doute de nouvelles formes d’organisation et de fonctionnement pour être à la hauteur des attentes des nouvelles générations. Il appartient au pôle de transformation sociale d’y jouer tout son rôle et pour cela de faire en son sein le travail nécessaire.

 

On entend que les réponses ne doivent pas être des « réponses d’appareil ». Certes ! Mais sans propositions, impulsions, des organisations syndicales, qui peut croire que les choses bougeront au rythme nécessaire ?La multiplication des « appels », des « collectifs » ou des réseaux eux, montrent que l’existant ne peut satisfaire, que la détermination à changer existe et cherche des passages. Soit le syndicalisme saura y répondre et en tenir compte, soit il se sclérosera et les dangers de dérives que l’on a connu dans le passé reviendront très vite.

 

Il ne s’agit donc ni de rejoindre tel ou tel, ni de « fusion-absorption », ni d’accepter une satellisation par un « partage » des responsabilités, des compétences et des prérogatives. Il s’agit de proposer dans le même temps à la CGT et à Solidaires, de la base au sommet, un processus de confrontation, d’actions, de réflexions, de propositions capables d’entrainer et de remotiver des militants et au-delà des salariés.

 

L’année 2009-2010 va voir la CGT, la FSU et la CFDT tenir leurs congrès respectifs. Il est temps que la FSU, dans la foulée de ses tentatives non abouties, reprennent l’initiative. Elle seule peut, et doit, s’adresser simultanément à la CGT et à Solidaires, qui sont dans un premier temps les partenaires naturels de cette démarche. Ni la CGT, ni Solidaires, engagées dans une compétition qui prend parfois des allures d’affrontement, ne peuvent sortir seuls d’une logique qui s’avère délétère. La FSU, parce qu’elle n’est pas une confédération, parce qu’elle fait la preuve, sur le terrain, de sa capacité de contestation, de propositions alternatives et de mobilisations, peut jouer un rôle positif et décisif.

 

C’est à cela que l’Ecole Emancipée entend travailler, avec toutes celles et tous ceux qui en partagent l’objectif, dans le cadre de la préparation du 6ème congrès de la FSU à Lille début février.

 

Le 9 septembre 2009

 

Un commentaire de Bertrand Geay :

Bonjour,
Il s'agit d'un texte très clair et important qui rencontrera l'intérêt de nombre de syndicalistes au-delà de la tendance Ecole Emancipée, que ce soit à la CGT ou à Solidaires, au sein de la tendance Unité et action de la FSU, et chez ceux qui viennent de la CFDT et souhaitent l'émergence d'un nouveau pôle confédéral qui réinterroge les rapports entre ancrage professionnel et visée de transformation sociale.
Le débat qui s'ouvre a aussi beaucoup à voir avec ce que nous avons travaillé au sein du Forum Social Départemental de la Vienne (FSD,) qui ne se limitait en rien aux convergences politiques, mais interrogeait le mouvement associatif et le mouvement syndical sur sa capacité de rassemblement pour peser directement sur les grandes orientations du changement social.

Par Ecole Emancipée 86 - Publié dans : action
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Mercredi 15 juillet 2009
Un livre à lire qui intéresse les syndicalistes sur leur activité quotidienne.

La souffrance des enseignants - Une sociologie pragmatique du travail enseignant

Françoise Lantheaume , Christophe Hélou

PUF, Collection Education et société, 2008, 173 pages, 15 euros

Résumé

Loin du cliché du professeur dépassé et dépressif, les auteurs ont centré leur étude sur la difficulté ordinaire et quotidienne du travail et les manières de la gérer en relation avec les évolutions du métier.
Une première enquête auprès des services de l'Education nationale indique un accroissement des enseignants dits "en difficulté" et une diversification des dispositifs de prévention et de traitement. L'analyse des experts spécialisés dans l'identification et le traitement de cette question montre la trajectoire qui va de la difficulté à enseigner à l'enseignant dit en "difficulté". Une seconde enquête d'un an, dans sept établissements du second degré, révèle que la difficulté apparaît quand elle va de pair avec l'impuissance à agir.
Elle est alors source de souffrance. L'usure morale, le sentiment d'échec et d'inutilité sociale caractérisent l'expérience professionnelle des enseignants qui se sentent à la fois en butte à la critique des usagers et abandonnés par l'institution. Cette réalité est inquiétante pour une société qui a besoin d'enseignants moralement forts et confortés dans leur métier pour une école qui réussisse dans ses missions.
Parallèlement, l'enquête montre que la difficulté est constitutive du plaisir, de l'intérêt d'enseigner et de l'utilité sociale du métier. Elle indique comment l'institution et la force du collectif peuvent donner davantage d'opportunités pour gérer les difficultés ordinaires du travail et forger la professionnalité de l'enseignant.


Les auteurs

Françoise Lantheaume est enseignante-chercheuse à l'Université Louis Lumière, membre de l'unité mixte de recherche Education et politiques (Lyon 2-Inrp), Institut des sciences et pratiques d'enseignement et de formation.
Christophe Hélou est professeur agrégé de sciences sociales en lycée, docteur en sociologie, enseignant associé à l'Institut national de la recherche pédagogique et à l'unité mixte de recherche Education et politiques (Lyon 2-lnrp).


Sommaire

CONSTRUCTION ET TRAITEMENT DES ENSEIGNANTS DITS "EN DIFFICULTE"
La construction de l'enseignant en "difficulté "
Des enseignants "en difficultés" plus nombreux et des traitements diversifiés
LES DIFFICULTES AU COEUR DU TRAVAIL DES ENSEIGNANTS
Usure morale et sentiments d'échec
L'Emprise du travail ; Le bon travail et le beau travail : jugement partout, reconnaissance nulle part ?
DEPASSEMENT ET CONTOURNEMENT DES DIFFICULTES
Le plaisir de penser et la capacité d'agir
Les issues face aux difficultés
Par Ecole Emancipée 86 - Publié dans : critique de livres
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Mercredi 10 juin 2009


Une question se pose cruellement en cette fin d'année. Comment est-il possible de se retrouver dans une telle situation de faiblesse du rapport de force syndical face au pouvoir et au patronat, alors que nous avons vécu ce à quoi nous aspirions depuis des lustres : une convergence très massive, public-privé, sur une plate forme revendicative ambitieuse ?


Comment est-il possible que les « réformes » avancent inexorablement (cf. par exemple le 2° rapport sur la RGPP) alors que le pouvoir est largement délégitimé (qu'on se rappelle l'ambiance des premiers mois du régime Sarkozy et sa phrase sur les grèves qu'on ne voit plus), alors que la crise ne fait que s'accentuer avec son cortège de chômeurs et chômeuses (3000 chômeurs en plus par jour en ce moment) et alors que le scandale des milliards distribués aux riches a éclaté ? Ce texte a été écrit avant les dernières élections et ne peut donc logiquement en tirer les leçons.


Comment le gouvernement et le patronat peuvent-ils rester droits dans leurs bottes malgré les journées exceptionnelles du 29 janvier et du 19 mars, malgré un mouvement national à l'université, des actions radicales dans de nombreuses entreprises privés et une grève générale victorieuse en Guadeloupe ?


Les raisons de cette impasse de fin d'année


Une des explications principales passe par le constat largement partagé qu'il n'y a pas d'alternative politique au pouvoir actuel. Cela pèse sur les syndicats dont une bonne partie ne veut pas risquer la confrontation avec le pouvoir tant qu'une solution de remplacement n'est pas prête. La droite le sait, en use et en abuse. Cela s'est traduit par les journées de grève ou d'action saute-moutons (tous les deux mois et juste avant des vacances). Cela explique l'absence de suites à un cran plus élevé au 19 mars. Cette suite pouvait passer par des appels à reconductions significatives dans certains secteurs, ou d'appel à coordination de secteurs importants du privé (automobile par exemple), avec en perspective à tout cela un appel explicite à une « grève générale ». Ce terme recouvre une réalité de mobilisation pas très différente des deux journées précédentes si ce n'est - c'est essentiel – qu'il pose la question de la légitimité du pouvoir. A la place de cela, le 26 mai a laissé les salariés et les interpros locales orphelines, se débrouiller seul-es dans leur coin. Les SD Fsu du 86 et du 79 ont appelé à la grève en interprofessionnel malgré la difficulté prévue. Pourtant, la multitude de mobilisations dans les entreprises qui ferment et licencient mériteraient que les confédérations unifient et les fassent converger dans un mouvement national plus fort.


Au contraire les signes envoyés par B. Thibaud le 18 mars indiquait dans Le Monde que la suite du 19 serait la manifestation du 1er mai. Ce furent par la suite les critiques de Chérèque contre l'extrême gauche (ennemi fantasmatique du moment) ou la prise de distance nette avec l'expérience du LKP en Guadeloupe, déclarée urbi et orbi non transposable (n'y avait-il pas donc rien dont on pouvait s'inspirer comme le début d'initiative dans le Nord-Pas-de-Calais ?). Ce furent de nouvelles déclarations de Thibaud sur le cloisonnement entre le champ syndical et le champ politique comme si le syndicalisme devait ne s'occuper que de la rue et de la pression tandis que les partis ne devaient que gérer les institutions. Le mouvement syndical, au nom d’une certaine indépendance vis à vis des partis politiques, se refuse alors à gagner car il refuse de placer le problème sur le terrain politique (la légitimité de Sarkozy) parce que la solution politique partidaire alternative n'est pas prête. Il ne s'agit pas ici de nier la spécificité des partis, des syndicats ou du champ institutionnel mais de voir qu'il n'y avait pas d'autre choix que de faire bouger les lignes pour que le mouvement syndical et les salariés gagnent enfin des choses significatives (sur les salaires ou les postes) retrouvent l'espoir et fasse barrage à la misère grandissante.


Pour avoir refusé de prendre en compte cet aspect des choses, le SNES et la FSU n'ont pas su combiner la mobilisation unitaire avec la mobilisation dans leur secteur (surtout EN mais aussi la FP. Il n'y eu même aucune journée commune de grève avec les lycéens ou avec l'enseignement supérieur et les étudiants. L'unité interpro fut bien une force propulsive, mais en même temps nous nous sommes retrouvés à la traîne des syndicats les plus mous et les moins prompts à mobiliser.


Un nouveau cours syndical bien inquiétant


Une tentation existe, y compris dans nos rangs, de penser que le syndicalisme ne peut pas gagner sur le fond contre le pouvoir en place, et ne prend donc en compte que les marges fixées par le pouvoir pour négocier quelques avancées à l'intérieur même des marges fixées.


L'attitude de la direction du SNES sur le lycée nous faisait penser qu'une partie du S4 était sur cette ligne. Il y a eu tout d'abord en mai 2008 la signature d'un protocole de discussion préalable (les «points de convergence sur les objectifs et les principes directeurs») en échange d'un contingent de hors classe un peu supérieur. Il y a eu aussi cette persistance en décembre 2008 à ne pas dire ouvertement que nous demandions le « retrait » de la réforme du lycée alors que nous la dénoncions. Ensuite est venu ce blocage de la direction du SNES au sujet de la réforme gouvernementale des IUFM dite de la masterisation. Alors que c'était un sujet essentiel de mobilisation à l’université, que le premier degré s'y opposait, et que le projet va se retourner contre nous, la direction du SNES n'a pas mobilisé contre cette réforme et pour ce qui aurait ouvert la possibilité de construire une convergence dans le secteur éducatif, de la maternelle à l'université.


Dernier épisode inquiétant qui confirme nos craintes. La délégation FSU au CTPM (comité technique paritaire ministériel), au sujet du secondaire et du concours de recrutement. En s'abstenant, les représentants du SNES-FSU ont refusé de condamner cette réforme de Darcos. En effet, les délégué(e)s émanant du SNES au CTPM ont imposé un point de vue strictement SNES, sans construction de mandat fédéral commun, notamment avec les autres SN concernés (snesup). On se retrouve ainsi avec un vote FSU laissant entendre que la réforme dite de masterisation, si elle peut être améliorée, est de toute façon acceptable et ses éléments les plus dangereux seraient retirés (cf. communiqué de presse du SNES sur l'aspect régionalisation du mouvement)


La raison qui justifierait tout cela serait la revalorisation. Or, la masterisation du recrutement n'implique aucunement une revalorisation automatique statutaire et, même en cas de revalorisation des néo-recruté(e)s, cette augmentation ne s'appliquerait pas à tou(te)s car la politique d'individualisation des salaires est en marche, individualisation qui remettrait même en cause cette première « revalo » partiel. Par contre, les inconvénients de la réforme, eux, resteraient : disparition de l'année de stage, création d'un volant de précaires, annuités en moins, sélection sociale par l'allongement des études, etc.


Une tentation de repli syndical illusoire


Négocier à l'intérieur des marges, c'est ce qu'avait théorisé et appliqué la CFDT depuis son « recentrage » des années 1980-90. On peut dire que cela lui a réussi pendant un certain temps en termes d'adhérent(e)s et de pouvoir. Cette option semble aujourd'hui commencer à s'user auprès des salarié(e)s si l’on en croit les résultats aux élections professionnelles, ou leur nombre d'adhérent(e)s). Mais surtout le bilan à tirer en termes de mieux vivre des salarié(e)s, des chômeurs et chômeuses est plutôt catastrophique.


D'autre part, l'époque a changé. Les marges laissées par le pouvoir frisent ouvertement et de façon provocante le néant. Toutes les déclarations de l'UMP convergent : la crise s'aggrave et il est d'urgent de poursuivre à marche forcée... la politique qui a provoqué la crise. C'est le rôle des provocations de la droite à la veille de chaque mobilisation (travail du dimanche ou pendant les congés maladie et maternité, 34000 suppressions de postes dans la FP pour 2010).


Pour avoir une idée des marges laissées par le pouvoir, il suffit de se pencher sur le rôle et les enjeux des commissions paritaires. Dernier épisode en date, la publication du projet de mouvement intra avant la FPMA. Il s'agit-là non pas d'une erreur (le côté contre-productif de cette publication a déjà été prouvé lors du mouvement inter). Le seul et unique but poursuivit est d'affaiblir le syndicalisme en général et notre syndicat majoritaire en particulier. Que serait le SNES (le nombre de ses adhérent(e)s, ses capacités d'intervention notamment dans les établissements) le jour où ses interventions pour la carrière des collègues seraient rendues négligeables ? Nous entrons dans une période transitoire vers un nouveau modèle de régulation sociale, de représentativité des syndicats, qui doit nous interpeller d'ores et déjà.


L'expérience que vient de vivre le Snesup en matière de négociation avec un tel gouvernement doit aussi nous servir de leçon, le Snesup qui annonce un jour des avancées et se voit désavoué le lendemain par Darcos...


Enfin, cette attitude d'une partie du SNES vis à vis de la FSU repose sur une pratique ancienne et ancrée héritée de la lutte en son temps du SNES contre la FEN, peut-être sur l'illusion que le SNES pourrait être à la base d'une fédération des enseignants (et même pas de l'Education) au sein de la CGT, sans chercher à voir les contradictions au sein de la CGT. Enfin, elle fait croire que, puisque les luttes globalisantes actuelles échouent il vaut mieux se battre sur de plus petites revendications pour gagner au moins quelque chose. L'étude même superficielle des déclarations fermes de M. Woerth nous laisse penser que la solution ne peut pas passer par là.


Réagir maintenant et à la rentrée


D'abord par nos actions en cette fin d'année. Sur le sujet du mouvement intra, le S3 a décidé de faire de la pédagogie et informe sur les méfaits réels, prouvés, expérimentés de cette méthode purement idéologique de gestion des carrières. Nous informons en particulier bien sûr les collègues qui demandent une mutation. Mais nous informons aussi les autres collègues sur les enjeux réels à savoir la fin du contrôle des représentant(e)s des salarié(e)s au profit d'une gestion opaque et discrétionnaire, pas seulement pour les mutations mais aussi pour tout le déroulement de carrière. Nous menons une campagne d'explication sur la cohérence globale avec la mise en place programmée du salaire au mérite, l'autonomie des établissements, et tout ce mouvement dans la société qui voit les espaces démocratiques se réduire (préfet de Région, grand chef de toutes les missions de Service public lestées de leur gestion ministérielles) et l'aspect strictement comptable le compléter (suppressions de postes comme seule boussole objective de la RGPP, de l'évolution des retraites, de la circulaire de rentrée).


Notre syndicat doit également être le lien entre les collègues. Nous faisons le bilan de « la reconquête de juin » (la reconquista contre qui ?) et le publions. Comment cela se passe concrètement dans les établissements ? Notre syndicat pose les problèmes, explique les motivations de l'Administration et propose des actions, pour prendre date ou mieux pour agir dès maintenant comme en témoigne l'action unitaire engagée par le S3 pour le bac STG


Quant au collège, il est le laboratoire des réformes et de l’idéologie sarkozienne : le ministère y met en place des nouveaux programmes qui s’appuient sur le socle commun et donc s’appauvrissent s’éloignant d’une ambition pour tous et de notre définition de la culture commune. Le gouvernement prend le prétexte d’un échec du collège actuel pour le réformer en profondeur. Les PPRE ou l’accompagnement éducatif porte le projet d’un collège où l’élève doit affronter seul sa difficulté sans être soutenu par la solidarité d’une classe. Le collège que Darcos veut créer, c’est le collège d’une société qui n’accepte pas de résorber les inégalités qu’elle génère.


Le Snes doit de nouveau porter clairement dans ses revendications, et ce dès la rentrée, ces questions et permettre que dans chaque établissement elles puissent être débattues entre les collègues et les usagers.


A la rentrée nous devons en tirer les conséquences à savoir cultiver l'unité interprofessionnelle, rechercher les convergences EN et FP mais en même temps construire en complément, et non en opposition, un mouvement de la maternelle à l'université grâce à la FSU. C'est ce qui nous a manqué cette année. Espérons que l'absence de succès significatifs à l'université n'aura pas laissé ces collègues dans l'amertume.


Nous demandons au S4 de condamner la réforme Darcos de la masterisation. Cela doit se coupler avec une bataille à la rentrée pour les postes et les augmentations de salaire. Sur cette question le SNES doit participer dans la FSU à l'élaboration de revendications salariales et d'ouverture de postes. Des revendications existent déjà mais des revendications ne peuvent être efficaces que si elles sont portées par des mobilisations. Or la visibilité de revendications communes, permettant des convergences, que chaque salarié pourrait comprendre et reprendre, n'est pas là. C'est pourquoi nous pensons que la revendication d’une augmentation pour tous de 50 points d’indice pourrait unifier.

Par Ecole Emancipée 86 - Publié dans : action
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Vendredi 6 mars 2009
Voici un petit livre qui révèle bien des trésors.
Pour les plus ancien(ne)s cela les renverra à des débats de l'époque de la création de la FSU, après la scission de la FEN, avec l'avantage d'offrir une multitude de points de vue en même temps. En effet, interviennent dans ce colloque différent(e)s acteurs et actrices des différnets syndicats mais aussi des différentes tendances (hormis les premiers responsables de la scission, la tendance majoritaire de l'ex-FEN).
Même sans avoir vécu cette époque chacun(e) est invité(e) à apercevoir les façons de penser très différentes des un(e)s et des autres dans notre fédération, à travers son histoire.
La distance historique permet aussi une parole très libérée car sans enjeu immédiat.
Un ouvrage indispensable pour comprendre les autres et comprendre où nous en sommes.


A commander aux éditions Syllepses ou auprès de la FSU

La naissance de la FSU - Actes du colloque, Collection "Nouveaux Regards", Coordinateur: Raphaël SZAJNFELD, novembre 2008, 228 pages, 15 euros

Table des matières
Avant-propos de François Bouillon
Ouverture du colloque par Gérard Aschieri
Introduction au colloque par René Mouriaux
Tables rondes
1. Les raisons historiques, sociologiques, pédagogiques et corporatives de la crise
2. Les attentes de la société, les pratiques professionnelles et la création de la FS
3. La construction de la FSU dans les sections départementales
4. De la scission de la FEN à la création de la FSU
5. Acteurs ou spectateurs ?
Conclusions par François Bouillon et Bertrand Geay

Annexes
Les raisons de la crise, par Alain Dalançon
Vu du SNEP, par Jacques Rouyer
Chronologie d’une scission annoncée
Principaux sigles syndicaux utilisés

Présentation
Une naissance c’est toujours le fruit du hasard et de la nécessité. Une naissance c’est souvent le fruit de beaucoup de sentiments, de passions et de choix plus ou moins lucides. Dans la naissance de la FSU il y a tout cela, en même temps, qui est à l’oeuvre : intentions et accidents, joies, peines, raison.
Transcription de la parole vive des acteurs de cet événement, ces actes du colloque qui s’est tenu à Paris les 15 et 16 décembre 2006 racontent ce moment historique du syndicalisme français. Ils permettent de faire la lumière sur des points essentiels pour mieux le comprendre. Ils pointent sans concession les zones d’ombre qui réclament encore le travail des historiens.
Pour tous ceux qui étaient au début des années 1990 plus jeunes de près de vingt ans, engagés ou non dans l’action syndicale, la lecture de ce livre est une jouvence réflexive. Pour tous les plus jeunes qui le liront, elle est un acte de connaissance.
Par Ecole Emancipée 86 - Publié dans : critique de livres
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Jeudi 4 décembre 2008

Le Comité de rédaction de la revue L'Ecole Emancipée est heureux de vous informer de la sortie du numéro de novembre/décembre 2008.

Vous en lirez ci-dessous le sommaire.

Et comme toujours, on peut s'y abonner (ou renouveler son abonnement - pas cher !) en utilisant le bulletin qui est à la fin du sommaire.

 

Sommaire

p. 3 : Edito

ACTUALITE
- p. 4 : Allegro, ma non troppo !
- p. 6 : Sortir de la crise ?

SOCIÉTÉ
- p. 8 : Salaires : casse des garanties collectives !
- p. 10 : Travail dominical.
- p. 11 : Un rapport édifiant de l’OIT.
- p. 12 : Riches et (presque) décomplexés, interview de Jacques Cotta.
- p. 14 : Vent de colère à Sandouville, interview d’Alain Richeux.
- p. 16 : Climat : arrêter le désastre.

DOSSIER : SERVICES PUBLICS
- p. 18 : Le Service Public est notre richesse !
- p. 20 : La convergence des collectifs de défense et développement du service public (Christian N’Guyen).
- p. 21 : Météo, avis de tempête.
- p. 22 : Hôpitaux, Carhaix contre-attaque ! contribution de Matthieu Guillemot.
- p. 25 : Statistique publique : contre la délocalisation à Metz (comité de défense et intersyndicale Insee).
- p. 24 : Eau : sauvés par James Bond ?
- p. 26 : Libéralisation du gaz et de l’électricité : un constat d’échec (Anne Debrégeas et Yann Cochin).
- p. 27 : Education, formation : quel(s) service(s) pour quels publics ?

ÉDUCATION
- p. 28 : Education nationale : liquidation totale avant fermeture ?
- p. 30 : Réforme du lycée.
- p. 32 : Le lycée pour tous ? interview de Tristan Poullaouec.
- p. 33 : Recrutement et formation des enseignants.

EUROPE
- p. 34 : La crise, l’Europe et la présidence française, interview d’Yves Salesse.

FÉMINISME
- p. 36 : Altermondialisme : pour une approche féministe (contribution de Christiane Marty).

INTERNATIONAL
- p. 38 : Etats-Unis : une élection-symbole.
- p. 39 : Italie : E pericoloso Berlusconi !

CULTURE
- p. 40 : La guerres des classes, interview de François Ruffin.
- p. 41 : Pour les plus jeunes...

DÉPORTATION
- p. 42 : Vichy, le retour ?

TÉMOIGNAGE
- p. 43 : Foutage de gueule !

SYNDICALISME
- 44 : Elections paritaires : renforcer la FSU !

 


TARIFS 2007-2008


ABONNEZ-VOUS, RéABONNEZ-VOUS :


abonnement individuel : 30 euros


□ abonnement à tarif réduit : 20 euros pour les revenus inférieurs à 1 500 euros


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Dimanche 23 novembre 2008

Grève le 20 novembre dans l’éducation
Début d’un vaste mouvement de fond pour l’Ecole !


La loi Fillon n’en finit pas de se décliner, sous le règne de Sarkozy, à raison d’une quantité d’attaques à tous niveaux. Après une série de coups bas et de restriction budgétaire l’an passé, la destruction de l’école publique se poursuit. 11200 suppressions de postes en 2008, 13500 en 2009

Cette saignée ne s'arrêtera pas là puisque 80 000 emplois devrait être supprimés sur la période 2009-2012 justifierait à elle seule toutes les mobilisations. Mais Darcos ne s’en tient pas là, il entend modifier en profondeur le système éducatif, car réduire l’emploi public est certes un objectif en soi, mais il n’est pas le seul, ni même le premier. L’enjeu et la cohérence des réformes est bien de bâtir l’école qui correspond à leur projet de société : inégalitaire, excluante, oppressive, répressive. Une école conçue pour soumettre les enfants des catégories populaires, en aucun cas pour participer de leur émancipation individuelle et sociale.

Pour ce faire, Darcos s’attaque à tous les niveaux de l’enseignement, en toute logique, en toute cohérence.
Dans le supérieur, la LRU s’applique désormais, et l’autonomie des universités est le vecteur qui permettra de créer toujours davantage d’inégalités, en terme de qualité, et aussi d’offre de formation, d’une université à l’autre.


Dans le secondaire, les lycées connaissent une zone de turbulences sans précédent.


Cela a commencé par les LP qui, à la rentrée 2008, ont vu les BEP supprimés en nombre ; les Bac Pro 3 ans se sont imposés à de nombreux endroits, tout cela en hâte, et dans le plus grand désordre : pas de programmes pour ces nouveaux bac pro, pas de cadrage national, pas même de décret d’application ! La méthode est ici révélatrice des finalités : réduire l’offre de formation professionnelle initiale, et éjecter les élèves les plus en difficulté qui avaient besoin d’un passage par le BEP, et pour lesquels il ne reste rien, sinon l’apprentissage.

Même schéma pour le lycée général et technologique et ce dès la rentrée 2009 : Darcos prévoit une refonte complète  des enseignements aussi bien au niveau des horaires, de l’organisation que du contenu. Dans ce nouveau lycée, les enseignements seraient dispensés par semestre, et sous forme de modules. Les redoublements seraient supprimés (trop chers !) et afin de favoriser l’autonomie, l’élève aurait donc à choisir son « parcours » de réussite. Il est clair que les élèves les mieux renseignés seront les plus autonomes  et que les parcours de réussite ne seront accessibles qu’aux initiés. Darcos parle de « démocratisation » du lycée, mais il supprime des heures d’enseignement, toute possibilité de dédoublement, des disciplines entières, met en péril la qualité du Bac en tant que diplôme national et anonyme. C’est au contraire un lycée de la sélection qui verra le jour. Quant aux personnels, les annonces alimentent les inquiétudes les plus grandes : quelle organisation des services avec la semestrialisation des enseignements ?  Quels postes supprimés avec la réduction des horaires disciplinaires ? Quels personnels pour l’accompagnement (3 heures / semaine) ? Cette contre réforme est donc, à plus d’un titre, inacceptable.

Au collège, les conditions d’enseignement ne cessent de se dégrader : multiplication des postes à compléments de service, nombre d’HS imposées, et cette année, accompagnement éducatif généralisé à tous les établissements. Les moyens, et le sens même de l’école, sont « détournés »vers le péri-scolaire. Le travail dans la classe  est dégradé, les « activités »  après la classe sont développées. Les enseignants sont vivement incités à y participer, en plus de leur travail : il leur faut toujours « travailler plus » et qui plus est, accepter des tâches qui dénaturent les missions. C’est insupportable.


Bilans des attaques dans le primaire


Au primaire, les attaques contre la scolarisation des 2 ans, l'alourdissement et la réduction des programmes, le renvoi hors temps scolaire obligatoire de la prise en charge de la difficulté scolaire, l'annonce programmée de la disparition des RASED tout concourt à ce que les inégalités et la difficulté scolaire s'accroissent. Avec la création des EPEP et d'un statut hiérarchique du directeur d'école c'est un projet de capolarisation de la profession mais aussi de mise en concurrence et de pilotage par les résultats des établissements qui s'affirme. Enfin, les attaques contre le droit de grève (SMA) et le droit syndical complètent ce sinistre tableau.
Pour achever la destruction de l’édifice, Darcos s’attaque au recrutement : en effet, en « asséchant le vivier », il signe la fin du statut, de la formation, du métier. Darcos, avec la masterisation,  met en place le recrutement à Bac +5 : il allonge la durée d’études sans pour autant garantir une quelconque revalorisation pour les néo titulaires, et il supprime la formation professionnelle au profit d’un simple « compagnonnage ». Concrètement cela revient à obliger les étudiants à se professionnaliser à leurs frais avant le concours au lieu de l’être en tant que stagiaires rémunérés après, en les dotant au passage d’un master qui ne leur servira à rien, en cas d’échec. Et pour le ministère ce sera là un vivier de précaires labellisés « bon pour le service » car tout aussi (peu) formés que leurs collègues lauréats ; vivier d’autant plus conséquent que les places au concours seront dérisoires.

Au total


Les attaques contre le système éducatif sont sériées, ciblées sur chaque secteur, méthodiquement. Elles visent ainsi à « diviser pour mieux régner », et la politique des primes illustre à merveille le dicton : Darcos « donne » 500€ au prof qui accepte 3HS/année dans le secondaire, et 400€ à celui qui fait passer les évaluations dans le primaire…

Malgré l’apparente division, la politique mise en oeuvre est globale : les personnels saisissent à présent la cohérence des attaques, et c’est la raison pour laquelle ils se sont mobilisés, tous ensemble, lors de la manif du 19 octobre, à Paris.

Jeudi 20 novembre, c’est encore une fois tous ensemble, 1er et 2nd degrés, supérieur, personnels, lycéens et étudiants, dans l’unité syndicale, que nous sommes en grève pour défendre le service public d’éducation, ses missions, et le statut de ses personnels.

Déterminés, notre mobilisation ne doit pas s’arrêter là : ce gouvernement entend faire plier les salariés en détruisant leurs droits, leur statut. Il entend supprimer des emplois pour réduire la dépense publique : or, la société a besoin d’une école de qualité, avec des personnels formés, en nombre suffisant. Il veut détruire le système éducatif et rompre avec la démocratisation de l’enseignement : cette vision régressive est inacceptable !

Nous ne laisserons pas faire, il faut poursuivre et continuer le combat !


Les attaques ne sont pas réservées, malheureusement, à l’éducation : la société connaît des régressions de tous ordres. Les mouvements sociaux sont nombreux en ce moment, et même s’ils n’existent pour l’instant que secteur par secteur, le climat n’en est pas moins à la révolte.
La mobilisation contre le fichier Edvige, celle contre la privatisation de la Poste ont ouvert la voie des mobilisations citoyennes : elles ont permis de réunir des salariés, mais aussi et surtout des acteurs de la société civile, dans l’unité la plus complète, et elles ont déjà fait reculer le gouvernement ! C’est donc tous ensemble qu’il faut se battre !

Dans l’éducation, les personnels doivent rester mobilisés, et c’est aussi l’opinion publique qu’il faut gagner : aux côtés des parents, avec les lycéens et les jeunes, les actions doivent se poursuivre. Dès le 20 novembre, en AG, il faut débattre avec les grévistes et envisager les suites à cette journée de grève.
Dès la semaine suivante, il faut reconduire l’action en associant au maximum les parents d’élèves. Comme en Italie, où la grève générale dans l’éducation a mis 2,5 millions de personnes dans la rue, nous devons nous inscrire dans la durée, mettre en place des actions à destination de l’opinion publique,  organiser des occupations d’écoles et des manifestations avec les parents.
Pour organiser cette résistance, une nouvelle journée de grève est nécessaire : reconduisons la grève dans nos AG en votant une nouvelle journée de grève dès la semaine suivante, le mardi 25 novembre !

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L’Ecole Emancipée est une tendance qui a fait le choix de construire la FSU où le droit de tendance est reconnu. Les militant-es de l’EE sont investi-es à tous les niveaux dans la fédération où ils-elles défendent un syndicalisme de transformation sociale appuyé sur les luttes.

Contact : equiperesponsable@gmail.com
Site : http://www.ecoleemancipee.org
Sur Poitiers : http://ee86.over-blog.com
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Jeudi 13 novembre 2008

Pendant la crise financière, rien ne change, tout empire…

Sarkozy n’a qu’une volonté : sauver et renforcer le capitalisme. Ses déclarations depuis le début de la crise ne dérogent pas à sa politique libérale : travailler plus, plus longtemps, dans des conditions de plus en plus précaires, tout en diminuant massivement le nombre de fonctionnaires, en offrant de nouveaux cadeaux fiscaux au patronat et aux plus riches, en accélérant les privatisations. Pendant ce temps, les licenciements s’accélèrent et la population trinque.

Pourtant, une fenêtre idéologique s’ouvre parmi la population qui remet en cause le capitalisme. Les différents sondages et publications montrent que l’opinion publique se réapproprie ces questions. Les milliards pour les banques sont mis en regard des dépenses salariales ou sociales pour la population et des attaques de Sarkozy (travail du dimanche, retraite à 70 ans...). Ce terreau est favorable pour nos revendications : la fin des suppressions de postes et une autre répartition des richesses.


Dans l’éducation, aussi…

Darcos est le digne ministre de Sarkozy : arrogant, provocateur, méprisant, appliquant sans tergiverser l'ensemble de ses réformes du primaire au supérieur. Droit dans ses bottes, malgré les manifestations, il continue d'appliquer à tous les niveaux un appauvrissement des contenus, la diminution horaire de cours, l’individualisation de l’échec scolaire dont il rend l’élève responsable et la suppression de postes d’enseignants.


Que s’est-il passé pendant l'année scolaire 2007-2008 ?

Année d’attaques frontales et globales, 2007- 2008 a vu la succession de grèves de 24h, sur des thèmes, sur des périmètres, dans des géométries unitaires différents qui ont abouti à une faillite de l’action syndicale. Les 10 et 17 juin en furent l’apothéose. Ce n’était pas la question de la « grève de 24h», ni même du « reconductible » qui était posée ; ce qui était posé, c’était celle de la construction d’un véritable plan d’action pour s’opposer aux décisions gouvernementales et faire reculer ce gouvernement, dans l’interpro et les Services Publics comme dans l’Education. Le SNES se donnait alors le mandat de construire, en lien avec la FSU, une action revendicative dès la rentrée scolaire 2008.


A la rentrée 2008

La FSU sautait par dessus sa rentrée en misant sur la possible force d'une action interpro le 7 octobre. Il aurait été nécessaire de construire un vrai blocage privé-public ce jour-là. Les confédérations n’en ont pas voulu.

La FSU a été bien trop faible, empêtrée notamment dans des débats internes Snuipp - Snes, pour bousculer cet état de fait. Le Snes et le Snep se sont saisi du 7 mais en mélangeant cette démarche interprofessionnelle indispensable avec la volonté d’une grève « identitaire » second degré, sans réel enjeu revendicatif, tournée vers les élections professionnelles.

La détermination de Darcos, elle, était sans faille et nous attaquait à tous les niveaux : formation et IUFM, droit de grève et SMA, suppressions de postes et budget 2009….

La FSU aurait dû, faute d’action préalable, investir le 7 et en faire, au-delà de l’interpro, la première étape de remobilisation.

Les débats internes ne l’ont pas permis, alors que le tiers des sections départementales du Snuipp y appelaient de façon volontariste et ont ainsi démontré une détermination que la journée nationale du 19 octobre a confirmée.


Le succès de la manifestation nationale du 19 octobre

Le succès du 19 se mesure d’abord et avant tout au changement de l’opinion publique qui considère désormais que, comme la Poste, l’Education est en danger et que nous avons raison de nous mobiliser. Ce fut aussi pour les personnels le signal d’un départ unitaire (personnels et usagers) qu’ils attendaient.

La suite s’impose donc. Elle s’impose dans ce cadre unitaire très large, et exige de ne rien faire qui restreindrait la bataille aux seuls enseignants. Elle s’impose face à un gouvernement qui décide de passer outre, tout en manœuvrant habilement pour tenter de calmer le Snes. Le jeudi 20 novembre doit montrer notre détermination contre les réformes en cours et les suppressions de postes.


Que se passera t-il le 20 novembre ?

Paradoxalement, c’est le Snuipp qui est apparu offensif et qui a tiré correctement les leçons du 19 octobre, tentant de construire un véritable rapport de forces sur son secteur. Ses sections qui avaient appelé au 7 et au 19, ont su saisir la colère qui montait.

Nous aurions eu beaucoup à perdre à tomber dans le piège de Darcos tentant la division premier - second degré que bien d’autres, comme Allègre, ont joué avant lui. Ce ministre menace la scolarité des enfants des classes populaires à tous les niveaux, remet en cause les droits des personnels et les garanties statutaires, développe la précarité.

Il ne faut pas minimiser ni les capacités des collègues à se mobiliser ni celles du couple Darcos – Sarkozy à dynamiter ce qui reste de l’école publique. Les modes de contractualisations se multiplient et la réforme du lycée est aussi une déclinaison des audits de 2006. Ce ministère se moque des élèves en difficulté ; il applique les règles comptables de Bercy.

Malgré une configuration unitaire large de l’appel au 20, le fait qu’il n’y ait pas d’appel fédéral dans la FSU est une source de faiblesse. Le supérieur, les étudiants avec l’UNEF, mais aussi le Snesup, a basculé son action du 13 novembre vers le 20. Le secondaire a rattrapé le train en marche. Parents et mouvements pédagogiques s’en emparent et tout laisse à penser que les lycéens se saisiront aussi de cette date.


Et après le 20 ?

Cette bataille doit s'inscrire dans la durée. Le travail important de réunions syndicales développées dans les lycées de notre académie doit également bénéficier aux collèges. Il faut aussi encourager les collègues à s’adresser directement aux parents.

Concernant la réforme du lycée, nous ne pourrons pas nous contenter de quelques nouvelles heures d’ « accompagnement éducatif » destinées à nous faire taire sur les horaires élève. Concernant les postes, nous ne pourrons pas nous contenter  du statu quo ; d'autant plus que Darcos joue le lycée contre le collège (pas de suppressions de postes en lycée en 2009). Concernant les conditions de travail, il faut continuer de refuser les heures supplémentaires alors que les effectifs par classe ne cessent d’augmenter. Concernant les salaires, nous ne nous contenterons pas des 0.5 % de l’année passée


Face à la grande cohérence des attaques gouvernementales dans toutes l'Education nationale, mais aussi dans les Services publics et contre les salariés et leurs retraites, il nous faut construire un plan d’actions cohérent.

Le jour du 20 doit permettre des rencontres unitaires où salarié-es de l’éducation, citoyens et usagers débattent des réformes en cours et s’expriment sur les suites à donner et pose la question de la reconduction des actions.


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Mercredi 1 octobre 2008
Depuis 18 mois, la politique de Sarkozy repose sur une cohérence ultralibérale. La crise économique et financière jette plus de personnes au chômage et dans la rue. La répression s’accélère contre toutes les revendications, qu’elles concernent les sans-papiers, les lycéens militants, les chômeurs ou plus large encore avec Edvige 2.0. En même temps, les boursicoteurs en profitent et le gouvernement n’a qu’un seul but : faire des économies au mépris de la population pour donner plus aux plus riches. Ces richesses existent et doivent revenir aux travailleurs : dans le public comme dans le privé, nous revendiquons des augmentations de salaires et un partage de l’emploi.


Plus d’école !


Ainsi, dans l’éducation, l’état réduit la masse salariale. La rentrée est à la hauteur des  promesses des réformes : classes surchargées, services partagés, collègues sous pression, relégation de la difficulté scolaire. Le revers pour élèves et parents : la diminution de l’offre de formation à tous les niveaux. Il ne nous faut pas moins d’école mais une école différente, ambitieuse pour tous avec des effectifs et des objectifs différents. Voilà la condition d’une société qui veut se démocratiser et progresser.


Contre cet accompagnement-là !


Pour l’Ecole émancipée, le Snes doit s’opposer à l’accompagnement éducatif car il ne peut résoudre les difficultés scolaires. Leur complexité et leurs origines n’y sont pas prises en compte. Ce dispositif rejette en dehors de la classe le travail avec l’élève. Il renforce les inégalités scolaires et géographiques. Alors que nous exigions le maintien des MI-SE, voilà à quoi le rectorat consacre ses moyens ASSEDU et comment il vide les vies scolaires. C’est avec les parents qu’il faut mener le débat sur l’échec scolaire pour trouver ensemble des solutions.


Passer à la contre-offensive maintenant !


Face à Sarkozy et Darcos, notre réponse doit être à la hauteur des agressions. Pourtant, à cette rentrée, il n’y a eu aucune réponse d’ampleur dans l’éducation. A l’interpro, pas d’appel franc à la grève le 7 octobre. Les confédérations continuent de tergiverser en période d’élections professionnelles alors que nous devrions nous emparer d’un contexte économique et social discréditant Sarkozy.

Pour les heures sup., les collègues ont généralement refusé. Là où une démarche collective de refus s’est organisée, ils ont gagné. Le Snes doit poursuivre les actions dans les établissements et poser la question des emplois et des effectifs. Les postes comme les places aux concours doivent être un préalable à toute discussion, celle du lycée y compris.


Le 19 octobre ne peut rester sans lendemain. Le gouvernement Sarkozy montre sa détermination. Il faut montrer la nôtre. Seule l’ampleur de la mobilisation, en commençant par celle du 19 octobre, peut faire reculer le gouvernement lors de la discussion sur le budget 2009.
« Sarkozy, ça suffit ! » : un plan d'action doit appeler à la grève, à sa reconduction et au blocage de l'institution, avec les usagers.


Pour l’Ecole Emancipée - Poitiers

J. Siaudeau – M. Rossignol

http://ee86.over-blog.com/
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