Partager l'article ! Il faut maintenant les stopper ! Contribution de l’EE à la CA académique du Snes de Poitiers 14/11/2008: Pendant la crise financière, rien n ...
Sarkozy n’a qu’une volonté : sauver et renforcer le capitalisme. Ses déclarations depuis le début de la crise ne dérogent pas à sa politique libérale : travailler plus, plus longtemps, dans des conditions de plus en plus précaires, tout en diminuant massivement le nombre de fonctionnaires, en offrant de nouveaux cadeaux fiscaux au patronat et aux plus riches, en accélérant les privatisations. Pendant ce temps, les licenciements s’accélèrent et la population trinque.
Pourtant, une fenêtre idéologique s’ouvre parmi la population qui remet en cause le capitalisme. Les différents sondages et publications montrent que l’opinion publique se réapproprie ces questions. Les milliards pour les banques sont mis en regard des dépenses salariales ou sociales pour la population et des attaques de Sarkozy (travail du dimanche, retraite à 70 ans...). Ce terreau est favorable pour nos revendications : la fin des suppressions de postes et une autre répartition des richesses.
Darcos est le digne ministre de Sarkozy : arrogant, provocateur, méprisant, appliquant sans tergiverser l'ensemble de ses réformes du primaire au supérieur. Droit dans ses bottes, malgré les manifestations, il continue d'appliquer à tous les niveaux un appauvrissement des contenus, la diminution horaire de cours, l’individualisation de l’échec scolaire dont il rend l’élève responsable et la suppression de postes d’enseignants.
Année d’attaques frontales et globales, 2007- 2008 a vu la succession de grèves de 24h, sur des thèmes, sur des périmètres, dans des géométries unitaires différents qui ont abouti à une faillite de l’action syndicale. Les 10 et 17 juin en furent l’apothéose. Ce n’était pas la question de la « grève de 24h», ni même du « reconductible » qui était posée ; ce qui était posé, c’était celle de la construction d’un véritable plan d’action pour s’opposer aux décisions gouvernementales et faire reculer ce gouvernement, dans l’interpro et les Services Publics comme dans l’Education. Le SNES se donnait alors le mandat de construire, en lien avec la FSU, une action revendicative dès la rentrée scolaire 2008.
La FSU sautait par dessus sa rentrée en misant sur la possible force d'une action interpro le 7 octobre. Il aurait été nécessaire de construire un vrai blocage privé-public ce jour-là. Les confédérations n’en ont pas voulu.
La FSU a été bien trop faible, empêtrée notamment dans des débats internes Snuipp - Snes, pour bousculer cet état de fait. Le Snes et le Snep se sont saisi du 7 mais en mélangeant cette démarche interprofessionnelle indispensable avec la volonté d’une grève « identitaire » second degré, sans réel enjeu revendicatif, tournée vers les élections professionnelles.
La détermination de Darcos, elle, était sans faille et nous attaquait à tous les niveaux : formation et IUFM, droit de grève et SMA, suppressions de postes et budget 2009….
La FSU aurait dû, faute d’action préalable, investir le 7 et en faire, au-delà de l’interpro, la première étape de remobilisation.
Les débats internes ne l’ont pas permis, alors que le tiers des sections départementales du Snuipp y appelaient de façon volontariste et ont ainsi démontré une détermination que la journée nationale du 19 octobre a confirmée.
Le succès du 19 se mesure d’abord et avant tout au changement de l’opinion publique qui considère désormais que, comme la Poste, l’Education est en danger et que nous avons raison de nous mobiliser. Ce fut aussi pour les personnels le signal d’un départ unitaire (personnels et usagers) qu’ils attendaient.
La suite s’impose donc. Elle s’impose dans ce cadre unitaire très large, et exige de ne rien faire qui restreindrait la bataille aux seuls enseignants. Elle s’impose face à un gouvernement qui décide de passer outre, tout en manœuvrant habilement pour tenter de calmer le Snes. Le jeudi 20 novembre doit montrer notre détermination contre les réformes en cours et les suppressions de postes.
Paradoxalement, c’est le Snuipp qui est apparu offensif et qui a tiré correctement les leçons du 19 octobre, tentant de construire un véritable rapport de forces sur son secteur. Ses sections qui avaient appelé au 7 et au 19, ont su saisir la colère qui montait.
Nous aurions eu beaucoup à perdre à tomber dans le piège de Darcos tentant la division premier - second degré que bien d’autres, comme Allègre, ont joué avant lui. Ce ministre menace la scolarité des enfants des classes populaires à tous les niveaux, remet en cause les droits des personnels et les garanties statutaires, développe la précarité.
Il ne faut pas minimiser ni les capacités des collègues à se mobiliser ni celles du couple Darcos – Sarkozy à dynamiter ce qui reste de l’école publique. Les modes de contractualisations se multiplient et la réforme du lycée est aussi une déclinaison des audits de 2006. Ce ministère se moque des élèves en difficulté ; il applique les règles comptables de Bercy.
Malgré une configuration unitaire large de l’appel au 20, le fait qu’il n’y ait pas d’appel fédéral dans la FSU est une source de faiblesse. Le supérieur, les étudiants avec l’UNEF, mais aussi le Snesup, a basculé son action du 13 novembre vers le 20. Le secondaire a rattrapé le train en marche. Parents et mouvements pédagogiques s’en emparent et tout laisse à penser que les lycéens se saisiront aussi de cette date.
Cette bataille doit s'inscrire dans la durée. Le travail important de réunions syndicales développées dans les lycées de notre académie doit également bénéficier aux collèges. Il faut aussi encourager les collègues à s’adresser directement aux parents.
Concernant la réforme du lycée, nous ne pourrons pas nous contenter de quelques nouvelles heures d’ « accompagnement éducatif » destinées à nous faire taire sur les horaires élève. Concernant les postes, nous ne pourrons pas nous contenter du statu quo ; d'autant plus que Darcos joue le lycée contre le collège (pas de suppressions de postes en lycée en 2009). Concernant les conditions de travail, il faut continuer de refuser les heures supplémentaires alors que les effectifs par classe ne cessent d’augmenter. Concernant les salaires, nous ne nous contenterons pas des 0.5 % de l’année passée
Face à la grande cohérence des attaques gouvernementales dans toutes l'Education nationale, mais aussi dans les Services publics et contre les salariés et leurs retraites, il nous faut construire un plan d’actions cohérent.
Le jour du 20 doit permettre des rencontres unitaires où salarié-es de l’éducation, citoyens et usagers débattent des réformes en cours et s’expriment sur les suites à donner et pose la question de la reconduction des actions.