Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 20:10

Contribution au débat

de l’Ecole Emancipée

à la CA académique du Snes – Poitiers

Le 10 novembre 2009


Les attaques continuent contre les salariés, les jeunes, les chômeurs


Le budget 2010 est catastrophique et révèle une fois de plus la volonté de l’Etat de faire des « économies » : la suppression des 37000 fonctionnaires en 2010 représente pourtant à peine l’équivalent du quart de l’exonération de TVA des restaurateurs et n’est rien comparé aux allègements fiscaux sur les plus-values des 6200 entreprises qui ne verseront pas 20,5 milliards d’euros à l’Etat sur deux ans !


La loi de financement de la sécu annonce également la volonté de faire payer toujours plus les salariés (augmentation du forfait hospitalier, imposition des indemnités d’accidents du travail…) tout en augmentant le flicage des assurés et en laissant le déficit augmenter.


En ce qui concerne la jeunesse, le plan d’aide sorti à grand renfort médiatique ne concerne en tout et pour tout que 22000 jeunes (et pour des montants dérisoires) alors que plus de 100 000 vivent en dessous du seuil de pauvreté et que 420 000 jeunes chômeurs de moins de 25 ans se retrouvent sans aucun minima sociaux.


Comme ils poursuivent une politique anti-immigrés surfant sur des idées d’extrême-droite et raciste (nettoyage de la jungle à Calais en septembre, charters en octobre), Sarkozy et son gouvernement poursuit une politique anti-jeunes, d’isolement de la jeunesse et répressives (couvre feu des moins de 13 ans la nuit).


Face à cela, quelles réponses des organisations syndicales ?


Finalement, à cette rentrée, rien. Pourtant les mobilisations de janvier et mars avaient montré la force des résistances… Dans l’été, des salariés (ceux de Continental, de Fabris…) ont bien essayé de faire converger leurs luttes mais ils ont dû se passer du soutien des confédérations. D’autres secteurs ont tenté à cette rentrée de mobiliser pour contourner la paralysie syndicale et interprofessionnelle : Pôle emploi, Sncf…


Des tensions entre salariés en lutte et confédérations se sont exprimées contre l’indétermination de celles-ci à amplifier les mouvements contre le gouvernement Sarkozy. Pour la première fois, un opposant postule à la direction de la CGT face à Thibaut reprochant à la direction actuelle de « s’adapter au système capitaliste par l’accompagnement des contre-réformes des Etats bourgeois au lieu de le combattre. »


Dans le champ éducatif


L’an passé, ces derniers mois ou ces dernières années, les syndicats enseignants de la FSU ont refusé de pousser les feux contre les suppressions de postes et les « réformes » : celles de l’école primaire (service minimum, aide personnalisée...), celle du lycée laissant seuls les lycéens dans la rue, celle de la formation des enseignants laissant seuls les étudiants et les enseignants du supérieur. Tous ces personnels se sont retrouvés sans véritables perspectives. Encore dernièrement, de forts désaccords sur la formation des enseignants font scandale dans la FSU et le gouvernement a beau jeu de faire passer ses décrets d’application. Il y a quelques jours Chatel ressortait la réforme du lycée confirmant des baisses horaires et l’autonomie des établissements notamment sur l’organisation du soutien.

Mais le vrai scandale de cette rentrée, c’est l’explosion de l’emploi précaire dans l’éducation qui met non seulement en danger ces nouveaux salariés précaires, mais aussi nos statuts et la qualité de l’enseignement pour les élèves.


S’affronter à ce gouvernement pour gagner


Nous rentrons dans une nouvelle période électorale. La grève du 24 assumée par la FSU seule doit évidemment montrer notre détermination dans le champ de l’Education. Mais il ne faut pas, comme à l’accoutumée, en rabattre sur les mobilisations en période électorale, laissant le champ libre aux organisations politiques. La grève générale interprofessionnelle doit rester notre objectif pour affronter et faire plier ce gouvernement. Pour y parvenir, nous devons rechercher les moyens revendicatifs pour rassembler une majorité de population, salarié-es, jeunes, chômeurs ou chômeuses. Il faut chercher à construire une mobilisation populaire autour de revendications qui concernent tout le monde : augmentation de salaires et minimas sociaux, l’embauche des précaires sur des contrats de travail à durée indéterminée, suppression de la TVA sur les produits de première nécessité… Comme lors des grandes mobilisations du début d’année, la votation sur la poste le 5 octobre a montré qu’une part de la population est toujours prête à s’engager contre ce gouvernement et ses réformes.


La grève du 24 novembre


Le 24 doit être le début d’une stratégie syndicale plus large et responsable du plus long terme.


Or, les salariés de La Poste seront également en grève ce jour-là. Le Snes doit œuvrer pour que les SD-FSU organisent des rendez-vous avec ces salariés, que ce soit dans la rue ou en assemblée générale pour démontrer que tous les services publics sont en voie de privatisation et d'extinction au détriment des usagers et des salariés, pour les bénéfices de grands groupes privés. Ces assemblées doivent réunir l’ensemble du secteur éducatif, primaire, secondaire, supérieur, enseignants et non-enseignants.

Le Snes doit également inviter les S1 à organiser des AG et des rencontres avec les usagers (parents et élèves) pour élaborer des cahiers de doléances, dans la lignée de l'enquête lancée par le net depuis le S4. Les S1 pourraient en faire des motions à envoyer à la presse, aux syndicats, aux usagers...

Par Ecole Emancipée 86 - Publié dans : action
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