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Réforme de la formation des enseignants
Contribution de l’Ecole Emancipée à la CA Académique du mardi 10 novembre 2009
La réforme de la formation des enseignants initiée par Xavier Darcos et poursuivie par Luc Chatel poursuit un triple but :
* Suppression de l’année de formation afin d’économiser des postes ;
* Utilisation des étudiants en masters comme moyens de remplacement ;
* Création d’un vivier de mastérisés non titulaires qui, ayant suivi un master d’enseignement, pourront être employés comme précaires dans l’Education Nationale.
Cette réforme, qui est donc bien plus qu’une réorganisation de la formation, va contribuer largement à la casse des statuts. En multipliant le nombre de précaires et en en faisant, de fait, un corps à part entière, elle réduit toute perspective d’action collective et donc de luttes. C’est une attaque contre le syndicalisme.
La précédente CA Académique a décidé d’appeler les collègues à ne pas accepter la fonction de tuteur et les CA à refuser les conventions avec l’Université. Cette position a été largement diffusée auprès des secrétaires de S1. Au niveau national, le texte adopté à la CN des 15 et 16 septembre appelle les tuteurs à s’opposer collectivement à l’organisation de ces stages. Mais, cet appel n’a été suivi d’aucune diffusion. Depuis la rentrée scolaire, aucun article dans l’US n’a été consacré à la réforme de la formation.
Ce silence traduit l’ambiguïté de la position du SNES sur cette réforme. L’élévation du niveau de recrutement au master serait la condition préalable à la revalorisation. On peut même lire, dans l’US n° 685 que les annonces du Ministre au CTPM du 1er octobre sont « en complet décalage avec les espoirs que N Sarkozy a suscité avant et après son élection »…
Le mandat adopté par le Congrès de Perpignan prévoit le recrutement après le master, le concours devant être passé l’année suivante. Cette réforme doit être accompagnée de pré-recrutements, l’année de stage doit être maintenue dans sa forme actuelle. Aucune de ces trois conditions n’étant réalisée, c’est un autre des mandats de Congrès qui doit être appliqué : retrait de la réforme actuelle.
Actuellement, le concours est prévu pendant l’année de M2. Six syndicats, parmi lesquels le SNESup et le SNUIpp ont écrit au Ministre pour que le concours ait lieu en M1. Cette démarche est inacceptable :
Les différents syndicats de la FSU doivent retrouver le terrain fédéral et se mettre d’accord pour exiger le retrait de cette réforme. Les Assises de la formation, organisées le 7 novembre par la FSU sont une première étape qui semblent aller dans ce sens. Par ailleurs, le prochain Congrès de la FSU doit être l’occasion de définir une position fédérale cohérente sur la réforme de la formation des enseignants.